Conseil du 23 mars – Adoption du budget primitif 2018
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Intervention de Sylvie Cassou-Schotte

Monsieur le Président, chers collègues,

 

Le cadrage budgétaire qui nous est proposé intervient dans un contexte complexe dans la mesure où le cadre contractuel et les objectifs de trajectoire fixés par l’Etat ne sont pas encore complètement figés.

Toutefois, nous savons d’ores et déjà qu’en ce qui concerne la maîtrise de nos charges de fonctionnement, qui sera au cœur de nos engagements contractuels, la vigilance devra être de mise si l’on veut maintenir une bonne qualité de service à nos habitants, notamment en raison de la faible élasticité d’un certain nombre de postes de dépenses. Certes, la mutualisation devrait en principe nous apporter au fil du temps des économies d’échelle, mais pour l’heure, cet impact positif pour les finances métropolitaines est encore peu visible comme en témoigne le rapport d’avancement de la mutualisation préalablement présenté par Alain Anziani.

La bonne dynamique de nos recettes fiscales, le caractère sain de notre situation financière et la bonne gestion exercée par nos services depuis de nombreuses années nous permettent d’afficher une certaine sérénité à l’occasion du vote de ce budget, budget que nous approuverons.

 

Concernant les dépenses d’investissement, ce budget 2018 acte l’entrée en phase opérationnelle de projets structurants tels le pont Simone Veil, la réhabilitation du pont de pierre ou encore les OIM. D’où un plan de charge extrêmement ambitieux de 805M€ tous budgets confondus (en hausse de près de 13% par rapport à 2017).

Notre collectivité investit fortement. C’est une nécessité, les besoins sont là, nous ne le nions pas.

Toutefois cela nous interroge sur notre capacité à maintenir un tel rythme et à faire face dans les années à venir sur tous les fronts, ceci pour deux raisons :

  • les contraintes budgétaires qui ne vont pas aller en s’améliorant
  • mais aussi au regard du cadre financier plus général de l’organisation territoriale existante.

La forte dynamique démographique de notre agglomération nous impose ainsi, à la métropole comme dans nos communes, de fournir les services et équipements publics minimaux à nos populations, tout en anticipant les enjeux de demain. Aujourd’hui, la tension financière des budgets communaux est palliée pour partie par la métropole qui, outre la prise en charge d’équipements sportifs et culturels structurants, accompagne désormais les communes dans le financement des écoles et autres équipements de proximité.

Cette évolution du rôle de la métropole vers toujours plus de proximité illustre la nécessité d’une réforme en profondeur des finances locales, du cadre financier du bloc communal et de la gouvernance du niveau intercommunal.

Plus globalement, c’est tout le cadre légal de gouvernance et de financement de certaines infrastructures ou services publics qui ne correspond pas aujourd’hui aux besoins, comme en témoigne le dossier épineux du financement du SDIS, mais aussi celui du syndicat mixte des transports.

Les récentes réorganisations territoriales n’ont pas suffi à repositionner de manière pertinente les rôles et les conditions financières au bon exercice de certaines compétences.

Dans le cadre qui est le nôtre aujourd’hui, la métropole est confrontée à de multiples défis, parmi lesquels :

  • le défi climatique pour un territoire qui sera parmi les plus impactés à l’horizon 2050
  • la forte demande en logement accessible
  • la réponse en termes d’emplois à la forte dynamique démographique

Mais elle doit aussi faire face aux conséquences de son retard en termes d’équipements (infrastructures, équipements sportifs notamment) et de sa politique d’aménagement du territoire longtemps axée sur un étalement urbain débridé.

Dans toute cette « liste de courses » qui s’annonce pour les années à venir, il conviendra de mesurer toutes les implications de chacune de nos dépenses, leur optimisation et leur degré de priorité, au risque, si nous faisions les mauvais choix aujourd’hui, de ne pas pouvoir assumer plus tard le retard pris, dans la transition énergétique par exemple, ou de subir les affres d’un développement territorial déséquilibré. Ou, dit plus simplement, Bordeaux 2050, c’est maintenant qu’on le construit.

Je vous remercie de votre attention.