Conseil du 21 décembre – Développement du réseau express régional (RER) métropolitain et actions en faveur de la circulation

Intervention de Pierre Hurmic et de Clément Rossignol-Puech

Pierre Hurmic :

Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Pourquoi nous avons failli ne pas la voter, parce que vous souhaitiez y ajouter la relance du débat sur le grand contournement de Bordeaux. D’autant plus que vous demandez à voter la même délibération que le conseil régional. Or le conseil régional n’a pas voté la relance du grand contournement.

Ce grand contournement, vous l’avez retiré de la délibération mais vous allez revenir dessus, nous le regrettons.

Néanmoins, notre groupe est satisfait de l’avancée de ce dossier. Beaucoup de progrès ont été réalisés concernant la partie ferroviaire depuis le premier rapport présenté au début de l’automne tant en termes de calendrier qu’en termes d’actions avec en particulier la mise en place de la première desserte TER directe entre Libourne et Cestas dès 2020.

Nous le savons, le nombre de voyageurs attendu est à la fois le déterminant et le but de ces nouvelles dessertes. Pour que le réseau ferroviaire métropolitain soit attractif et puisse rassembler le maximum de voyageur, il faut au moins trois conditions :

  • Le nombre d’arrêts, c’est à dire que les trains puissent s’arrêter dans toutes les haltes de la métropole, afin de mieux irriguer le territoire et d’offrir une multitude de possibilité intermodales aux voyageurs. C’est tout l’enjeu de la diamétralisation, permettant de desservir tous les arrêts de la métropole sans rupture de charge à la Gare Saint-Jean.
  • La fréquence : Une fréquence élevée qui permette une flexibilité dans les horaires des usagers, leur offrant la possibilité entre plusieurs trains le soir ou le matin. C’est pourquoi il faudra, au sein du SMINA mais aussi avec nos partenaires que sont la région et la SNCF maintenir la pression pour que les fréquences soient les plus élevés possibles.
  • La fiabilité du réseau, qui s’exprime en termes de retard et de passages. A cet effet, il faut s ‘assurer que la SNCF sera en mesure de faire rouler les trains, et que ces derniers ne soient pas sujet à de trop nombreux retards ou suppressions. Sans quoi ce service ne pourra pas prendre l’ampleur escomptée.

La SNCF nous dit qu’il n’y a personne dans les gares. Il n’y a personne, parce qu’il n’y a pas de trains !

La participation de Bordeaux Métropole au fonctionnement des cars express et au financement des infrastructures ferroviaires sur le territoire métropolitain est à notre avis une condition afin d’avancer rapidement sur ce dossier. C’est pourquoi nous soutenons cette prise de position budgétaire.

L’utilisation des titres TBM à bord des trains circulant sur la voie de ceinture, constituera une première étape vers la mise en œuvre d’un billet intermodal unique sur l’agglomération. Depuis longtemps nous évoquons la billettique unique pour les différents moyens de transports, nous sommes heureux que celle-ci se réalise enfin.

Concernant maintenant les cars express. Cette délibération propose une première expérimentation en 2019 puis une seconde en 2020. Nous vous posons la question : Pourquoi ne pas aller plus vite sur les cars express, qui ne nécessitent pas toutes les infrastructures nécessaires au bon fonctionnement du réseau ferroviaire ?

Le département propose dans sa politique mobilités la mise en service de voies réservées covoiturage, il faut que nous aussi, via le SMINA et le développement de ce réseau de cars express, nous soutenions des voies réservées au covoiturage et … aux cars pour que ces bus ne soient pas englués dans le trafic routier.

Nous approuvons cette délibération avec les réserves exprimées concernant le réseau routier.

Je vous remercie,

 

Clément Rossignol-Puech :

Un mot sur le grand contournement : Plusieurs maires disent qu’il faut construire un grand contournement pour faire sortir les camions de la rocade. Cela va couter une fortune.

Or, on confond les causes et les conséquences. On dévie les camions au lieu d’essayer de réduire le nombre de camions.

La date annoncée dans le rapport Duron est 2048 donc on pourrait estimer la mise en place de ce projet pour 2060. On ne va pas attendre 40 ans pour faire sortir les camions de la rocade… En plus, quelle sera la mobilité dans 40 ans ? Personne ne le sait.

On anticipe quelque chose d’extrêmement couteux, de dévastateur pour l’environnement alors qu’il y a fort à croire que nos mobilités et nos usages auront changé d’ici là.

A court terme je propose de faire une table ronde avec le préfet pour faire le point sur des solutions à court/moyen terme comme interdire les camions à l’heure de pointe sur la rocade.

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