Conseil du 02 décembre 2016 – Intervention de Gérard Chausset – 2ème plan vélo métropolitain 2017-2020

Gérard Chausset

Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Ce plan est un acte fort de cette mandature, car il associe aux actions habituelles un plan de financement important et des objectifs ambitieux.

C’est en particulier un signal fort pris en faveur de la pratique du vélo et des cyclistes qui tous les jours utilisent ce moyen de transport pour se déplacer.

Les priorités de ce deuxième plan vélo, nous les partageons : résorber les discontinuités cyclables, finaliser un réseau structurant de qualité et sécurisé mais aussi donner envie de faire du vélo et démontrer son efficacité.

Certes, les objectifs peuvent paraître difficile à atteindre : 15 % de part modale en 2020 et 20% en 2027, mais sans ambition on n’avancera pas !

Parmi les points positifs, notons le budget conséquent alloué à ce plan vélo. 21 millions d’euros consacrés à la part vélo dans les grandes opérations urbaines. 17 millions pour le développement du réseau VCUB. Et enfin, 27 millions pour les actions « vélo » proprement dites. J’avais souhaité que « 2017 soit celle du financement du vélo », certes, on pourrait encore faire mieux, mais si on arrive déjà à mettre en œuvre les 12 millions d’euros  sur 4 ans pour le REVE et le réseau structurant, ce sera presque un exploit..

Dans notre Métropole, trois batailles sont à mener :

La première est la bataille de la sécurité, qui est bien souvent le principal frein à l’utilisation du vélo. Une étude publiée par l’ Aurba en novembre 2016 intitulée «  A quoi les cyclistes du quotidien sont –ils sensibles » : est très instructive. Les utilisateurs du vélo pointent un certain nombre de dysfonctionnement et de gênes dans la circulation à vélo dans notre Métropole : parmi eux, le stationnement sur voie cyclable qui gène la continuité, le manque d’entretien des pistes qui crée des problèmes de sécurité mais aussi le déficit de signalisation, à la fois pour les vélos mais également pour que les voitures prennent en compte les vélos. C’est pour cela qu’il nous faut élaborer des aménagements dédiés et confortables réduisant les discontinuités  cyclables avec des liaisons rapides à travers les principales villes de l’agglomération.

La seconde est la bataille culturelle. Si nous ne faisons pas évoluer les comportements, nous n’atteindrons jamais nos objectifs. Il faut démontrer que faire du vélo est le plus souvent le moyen le plus rapide pour aller d’un point A à un point B en deçà de 7 à 8 km. Le prêt de vélos étendu à tous les habitants de la Métropole permettra de « mettre en selle » des personnes qui ne sauteraient pas le pas si cette possibilité n’existait pas. Nous devons mettre en avant les bénéfices apportés par le vélo (et ils sont nombreux) : rapidité, effets bénéfiques pour la santé, économies pour le portefeuille.

Enfin, la dernière bataille est celle de l’espace public.  Reconquérir l’espace public en réaménageant la ville au profit des piétons et des vélos, c’est privilégier la qualité de vie dans un environnement sécurisé. C’est aussi diminuer les nuisances sonores et la pollution.

Pour autant, ce plan est bien sur perfectible et la mise en place concrète de ce plan vélo et la réalisation de ses objectifs nous questionne sur plusieurs points :

  • Rien n’est prévu concernant les franchissements de la rocade, qui sont un élément majeur de la continuité cyclable pour la pratique cycliste périphérique. Avec l’émergence des véhicules électriques, il faut mettre à disposition des infrastructures sécurisées pour des trajets longs pouvant traverser la rocade.
  • Concernant le suivi du plan vélo, nous aurions souhaité l’élaboration d’un comité technique élargi afin d’intégrer des membres de la société civile. En effet, les associer au processus permettrait d’avoir des relais sur le terrain qui puissent accompagner le développement du plan vélo.
  • Concernant la finalisation du réseau REVE et du réseau structurant, nous attendons avec impatience un calendrier des priorités et de l’avancement de la mise en œuvre du réseau. En effet, aucune piste n’est priorisée ou fléchée dans cette délibération.

Les boulevards :

Enfin, et je terminerai par ce point, la question de l’aménagement des boulevards est encore une fois soulevée. Seuls des aménagements mineurs sur certaines portions des boulevards ont été prévus. Comme vous le savez tous, cette artère majeure de notre agglomération est embouteillée et de mauvaise qualité. Pour les vélos, c’est un lieu dangereux et très pollué, et pourtant un passage quasi obligé pour beaucoup de déplacements quotidiens domicile-travail. Quant aux transports en communs, ils y sont fortement ralentis …

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